Le jeûne, une cure spirituelle et corporelle

Hanaa Khachaba Samedi 09 Mai 2020-17:02:33 Chronique et Analyse
Le jeûne, une cure spirituelle et corporelle
Le jeûne, une cure spirituelle et corporelle

Au-delà des traditions religieuses, l’abstinence de tout aliment, est perçue comme un acte d’hygiène. On appelle cela le « grand ménage ». Notre corps a besoin de repos surtout avec la malbouffe que nous lui imposons.

 

En plus de son aspect religieux et spirituel, le jeûne est sans doute l’une des plus anciennes approches d’autoguérison. C’est un outil puissant qui nous aide à vaincre l’ennemi et à atteindre la plénitude. Les bienfaits du jeûne sont donc à la fois spirituels et physiques. En un mot, jeûner c’est se soigner !

Voyons ensemble comment le jeûne est une cure autant spirituelle que corporelle.

Le jeûne est une tradition dans toutes les religions. Dans les religions célestes, le jeûne est un acte d’adoration. Il est aussi recommandé par l’hindouisme, le bouddhisme et d’autres pratiques et traditions ascétiques. La science moderne a elle aussi reconnu les bienfaits du jeûne sur l’organisme humain, confirmant ainsi ce qu’a dit le Prophète des Musulmans «Jamais un être humain n’a rempli pire récipient que son ventre ».

Le jeûne est fort présent dans la confession musulmane. Outre le jeûne du mois béni de Ramadan, les Musulmans observent le jeûne à de nombreuses occasions comme le jeûne des lundis et jeudis, le jeûne du jour d’Arafate (9e jour de Dhoul-Hijja), le jeûne du jour d’Achoura, le jeûne des six jours du mois de Chawal, le jeûne de la première quinzaine de Chaabane, le jeûne de la première décade de Dhol-Hijja, le jeûne du mois de Moharram, le jeûne des jours de pleine lune. Le jeûne le plus long est celui du mois béni de Ramadan qui a une immense valeur. C’est le quatrième pilier de l’Islam (sur cinq) et il constitue un acte d’adoration très intime, liant le Serviteur au Seigneur.

Jeûner en arabe signifie « s’abstenir », « se retenir de ». Appliqué à la religion, jeûner a pris le sens de renoncer, par pitié, au boire, au manger, aux relations sexuelles et à tout ce qui est considéré comme étant susceptible de rompre le jeûene, depuis l’apparition de l’aube jusqu’au coucher du soleil.

Le jeûne habitue ainsi l’être humain à l’endurance, fortifie sa volonté, lui enseigne l’autodiscipline et lui en facilite l’application. Il crée en lui la crainte de Dieu et la nourrit, et accentue surtout en lui la piété qui est le fondement même du jeûne. Quant aux profits d’ordre social, le jeûne habitue la communauté à l’organisation, à la discipline et à l’union. Il leur apprend également le partage, la générosité et la charité. Le jeûne préserve donc des vices tels que la méchanceté et la corruption et favorise les vertus.

Quant aux avantages physiques, le jeûne assainit les intestins, régénère l’estomac, débarrasse le corps des produits toxiques et allège l’embonpoint.

Dans la Bible, le jeûne figure aussi en tant qu’acte d’adoration qui rapproche les fidèles de leur Seigneur. Le Carême, cette période de jeune de 40 jours avant Pâques, fait partie intégrante du calendrier chrétien. En effet, le Carême se conçoit comme un temps de préparation avant la fête de Pâques. Pour les Chrétiens, le Carême est un temps de pénitence, de prière et de partage marqué par le jeûne : pas de viande, ni de laitage.

Les situations difficiles qui perdurent telles que l’oppression par le péché, les esprits impurs, la maladie, les soucis, les cauchemars… doivent pousser l’homme à jeûner. Pour les Chrétiens, le jeûne est un événement solennel, un jour agréable à l’Eternel, c’est pourquoi il est recommandé aux fidèles de prendre l’exemple de Jésus-Christ qui se privait de ses penchants, en évitant de se disputer, de se quereller, d’avoir de vains discours, des gestes menaçants, de se bagarrer ou de traiter durement son prochain. Pendant le jeûne, on doit être doux, humble, serviable, et charitable en partageant le pain avec celui qui a faim, en faisant entrer dans sa maison les malheureux sans asile, et en aidant son prochain, recommande Esaïe 58 :6-7. C’est alors que l’Eternel te sera Favorable. Ta lumière se lèvera, ta guérison arrivera rapidement, ta justice donnera son fruit, la Gloire de Dieu t’accompagnera, et l’Eternel t’exaucera.

Dans la Torah, le ta ‘nit désigne une période de privation de nourriture et de boissons à titre volontaire, privé ou public, dans un but de repentir, de deuil ou d’abstinence. Le ta’nit est prescrit dans la Bible lors du jour solennel du Grand Pardon, au côté de nombreuses manifestations individuelles d’affliction. Divers jeûnes publics sont institués, et d’autres encore sont instaurés par les rabbins. Ceux-ci enseignent qu’il permet l’élévation de l’âme, avec d’autres manifestations d’austérité, et il joue à ce titre un rôle important chez les mystiques juifs.

Le seul jeûne mentionné dans la Torah est celui de Yom Kippour. Il est largement suivi par les Juifs, quelque soit leur degré de pratique religieuse.

Dans le Judaïsme, le jeûne signifie l’abstention complète de nourriture et de boissons, eau comprise. La prise de médicaments, voire le brossage des dents sont interdits lors des deux jeûnes majeurs, c’est-à-dire Yom Kippour et Tisha BeAv, mais sont permis lors des jeûnes mineurs. Les Juifs pratiquants jeûnent six jours par an, outre les jeûnes personnels. A l’exception de Yom Kippour, il est interdit de jeûner le Sabbath, car le commandement d’observer le Sabbath est une prescritpion biblique surpassant tout jeûne d’institution ultérieure, que ce soit par les prophètes ou les rabbins. Yom Kippour est, comme susmentionnée, le seul jour de jeûne explicitement mentionné dans la Torah.

Comme dans de nombreuses religions, le jeûne est aussi pratiqué dans l’hindouisme et peut aller de l’extrême renoncement à une légère privation. Le choix des jours et la manière de jeûner restent libres. Ils dépendant de la communauté, de la famille ou de l’individu. Dans l’hindouisme, jeûner n’est pas une obligation. C’est un acte moral et spirituel qui a pour but de purifier son corps et son esprit, et d’attirer les bonnes grâces des divinités.

Mohandas Gandhi, surnommé le Mahatma (grande âme, en sanskrit), a aussi utilisé le jeûne comme moyen de pression sur le plan politique. Il a entamé plusieurs grèves de la faim pour protester contre les violences commises notamment entre hindous, ou entre hindous et musulmans.

Dans le bouddhisme, l’abstinence ou le jeûne démarre en juillet. Pourquoi à cette période précisément ? C’est simple, en réalité il démarre au début de la saison des pluies et se termine au même moment, c’est-à-dire trois mois plus tard. Les moines ne pouvant se déplacer pour prêcher, ils doivent partir en retraite dans les pagodes, et ne jamais en sortir. De plus, la saison des pluies, qui fait naître partout la vie, fait pulluler des bêtes de toutes sortes. Il est donc impossible, à cette époque, de se déplacer sans violer à chaque pas le Précepte qui interdit de détruire tout existence, si infime soit-elle. Ainsi, ils s’isolent durant trois mois dans des monastères, en suivant à la lettre les instructions religieuses : comme la présence obligatoire aux confessions générales des moines.

En médecine, un nombre croissant de chercheurs pense que jeûner peut aide à brûler plus de graisses, perdre du poids et ainsi améliorer la santé. L’objectif n’étant pas qu’esthétique. Un traitement simple, efficace et peu coûteux, n’est pas un rêve. Différents experts assurent que les périodes de jeûne sont bénéfiques et peuvent stimuler l’immunité tout en contrôlant l’inflammation intestinale. Le jeûne existe effectivement depuis des siècles, Hippocrate l’utilisait comme moyen de promouvoir la perte de poids. Il réduit non seulement le risque de maladie coronarienne et de diabète, et provoque également des changements significatifs sur les niveaux du cholestérol sanguin. Le pratiquer de manière régulière est le meilleur moyen de maintenir un corps sain et de ralentir le processus de vieillissement. Pour y arriver, il faut préparer le corps à cela. Il demeure particulièrement utile pour les personnes en surpoids.

En conclusion, il faut rappeler que le jeûne est une pratique vieille comme le monde. Néanmoins, les formes de jeûne varient selon les religions. Mais, toutes les formes de jeûne tendent vers un seul but, celui de priver le corps et l’âme de certains besoins naturels, surtout les plus appréciés, comme pour s’exercer à dompter ses besoins et ses penchants. Une chose est sûre : cette pratique purifiante est commune à tous les prophètes. De Moïse à Jésus, en passant par Daoud, jusqu’à Mohammed, ils avaient tous l’habitude de jeûner.

Sources

Passeportsante.net

Wikipedia

Buddhachannel

Pourquoidocteur

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